Maghreb Arab Press

L'agriculture de conservation clef de voûte de la lutte contre les effets néfastes des aléas climatiques (experts)
Meknès  -  
Des experts maghrébins et français ont été unanimes à affirmer, lundi à Meknès, que l’agriculture de conservation (AC) représente la clef de voûte de la lutte contre les effets néfastes des aléas climatiques notamment au niveau la région sud de la Méditerranée.

Intervenant lors d’un séminaire qui s’inscrit dans le cadre du projet AC Maghreb mis en œuvre par l’association française (FERT) au Maroc et en Tunisie, et en partenariat avec l’Association Marocaine de l’Agriculture de Conservation, ces experts ont relevé l’efficacité de ce type d’agriculture de conservation, figurant parmi les axes importants des recommandations issues de la 22-ème conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22), organisée à Marrakech.

Ce séminaire initié sous la thématique de "L’Agriculture de Conservation au Maghreb : quelle place aujourd’hui et quels engagements des acteurs pour une meilleure diffusion de demain’’, avec la participation d’une pléiade d’experts représentant le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la France, a pour objectif majeur la sensibilisation des acteurs du secteur agricole à la nécessité de la promotion de l’agriculture de conservation et l'ouverture d'un le débat sur les voies de l’extension de son adoption à une large échelle.

L’expert tunisien Hatem Cheikh Mohamed a souligné l’importance de cette rencontre qui met en avant les résultats du projet AC Maghreb, précisant que l’agriculture sous couvert végétal sain et durable propagée dans des pays en Amérique latine et en Europe, au vu de son importance, est actuellement en progression constante au niveau de la région du sud de la Méditerranée.

Quant au chercheur algérien, Houcine Ourkti, il a donné un aperçu sur le développement du projet à l’échelon de son pays caractérisé par un climat semi-aride permettant entre autres d’améliorer la production des céréales et contribuer à lutter contre l’érosion du sol.

Il a fait savoir que l’institut national d’agronomie en Algérie œuvre à approfondir des expériences dans le cadre du projet AC avec d’autres établissements similaires relevant de la région du Maghreb Arabe ou en Europe, mettant en avant l’importance des recherches visant le développement et l’amélioration de la production des céréales ainsi que le rendement de la population rurale.

Le chercheur marocain Oussama Gherras, également membre exécutif de l’AC, a souligné à la MAP que le projet AC Maroc vise à dresser le bilan des acquis de la recherche et recherche-développement et des contraintes d’adoption du semis direct, expliciter les voies d’adoption et les difficultés rencontrées pour la diffusion du semis direct en France, Algérie et Tunisie et débattre le potentiel et les perspectives d’une large diffusion de l’agriculture de conservation au Maghreb et spécialement au Maroc.

Les bienfaits agronomiques, socio-économiques et environnementaux des systèmes de l’agriculture de conservation ont été largement démontrés dans divers écosystèmes dans le monde et par le système national de la recherche agricole au Maroc, a-t-il indiqué.

Au Maghreb, les paysans subissent depuis les années 2000 des sécheresses récurrentes, relèvent les organisateurs de la rencontre, notant que plus récemment ce sont chaque année des pluies diluviennes qui s’abattent en quelques jours dans ces régions, souvent sur des sols nus ou peu couverts à l’automne. Ces aléas climatiques, conjugués aux pratiques conventionnelles de travail du sol, engendrent une érosion éolienne et hydrique catastrophique, particulièrement dans les zones de montagnes potentiellement productives. Ces perturbations, rajoutées à la hausse des coûts de production (énergie, intrants, main d’œuvre) ont fortement fragilisé les revenus des ruraux, souligne-t-on.

Divers programmes de recherche visent à contrer les effets néfastes de cette tendance. Cependant, et malgré des acquis intéressants, tant qu’ils n’impliquent pas directement les paysans et leurs organisations locales, leur impact reste limité. C’est le cas notamment de l’Agriculture de Conservation (AC) et des pratiques agro-écologiques qui pourraient être des solutions pour rétablir la fertilité des sols et adapter les systèmes de production au changement climatique.

Dernière modification : 24 Avril 2017